II- La Franc-maçonnerie jusqu'à la Seconde Guerre Mondiale
A) La Seconde République
La Seconde République voit le jour dans un élan de fraternité, d’euphorie, au lendemain du « Printemps des Peuples » ou des « Trois Glorieuses ». Elle est proclamée le 24 février 1848, et un gouvernement provisoire est mis en place. Ce gouvernement, à majorité composé de franc-maçon et en « harmonie » avec l’esprit fraternel qui règne à cette période, prend de nombreuses mesures sociales comme par exemple la proclamation de la liberté de conscience, de réunion, de la presse ainsi que l'abolition de l'esclavage ou encore le droit au travail. Pendant cette période, la République va se confondre, en quelque sorte, à la franc-maçonnerie. Les idées franc-maçonniques se diffusent alors par le biais du gouvernement, de ses décisions, et de l’esprit républicain émergeant…
« La Franc-maçonnerie, essentiellement républicaine, en répandant ses principes démocratiques dans toutes les classes de la société, a puissamment contribué à l'heureuse Révolution qui, en détruisant le despotisme monarchique, vient de proclamer en France le gouvernement républicain. La République est dans la maçonnerie et les maçons doivent unir leurs efforts aux efforts de la nation pour assurer à jamais le triomphe de ces dogmes divins Liberté, Egalité, Fraternité et la stabilité des institutions républicaines. Elle appelle les francs-maçons à examiner les professions de foi des candidats et accorder la plus grande attention à leurs qualités de patriotisme, probité et capacité. »
(appel aux franc-maçon, affiché à Paris, soutenant la Seconde république sous lors du gouvernement provisoire.)
Cet extrait de texte met en évidence le fait que la franc-maçonnerie soutien la République, et s’appuie lui aussi sur la devise « Liberté, Egalité, Fraternité », chère aux franc-maçon autant qu’aux républicains.
C’est sous la Seconde République que les franc-maçon se rallient plus ou moins officiellement à la République. En effet, en mars 1848, le Grand Orient (une des plus importante loge maçonnique en France), publie une circulaire à toutes les loges pour annoncer, témoigner son adhésion à une République « une et indivisible ».
« Morale, Probité, Liberté, Egalité, Fraternité, Travail ». Ces six derniers termes sont ceux qui soudent la Seconde République ainsi que la franc-maçonnerie ensemble.
L’enthousiasme régnant durant les débuts de la Seconde République (pendant que le Gouvernement Provisoire était au pouvoir), n’a duré qu’un temps. En effet, des manifestations dues au mécontentement du peuple face au chômage ou à la crise financière ont lieues et sont réprimées. Cette « République humaniste », porteuse de joie, d’espoir et de fraternité fait place à une « République meurtrière » : de nombreux individus sont tués lors de ces manifestations. Le Gouvernement Provisoire n’existe plus, et des élections présidentielles ont lieu. Louis Napoléon Bonaparte est alors élu Président de la République.
Après ces élections, le Grand Orient ainsi que la franc-maçonnerie en général (en France) se font très discrets en politique. Les débuts de la présidence de Louis Napoléon Bonaparte (suivit de son règne pendant le Second Empire) marquent la fin de la grande influence qu’exerçaient les franc-maçon durant le Gouvernement Provisoire. De plus, malgré les tentatives consistant à ancrer l’esprit républicain chez les Français, la courte durée de la Seconde République ainsi que la tendance encore assez conservatrice du peuple en matière de politique, la Seconde République n’aura donc pas marqué les esprits mais a plutôt consister à familiariser les Français à la république…
B) Le Second Empire
Le début du Second Empire marque la fin de la Seconde République. Napoléon III est désormais au pouvoir. Le régime mis en place est autoritaire, conservateur et soutenu par l’Eglise Catholique. En effet, l’Empereur se rallie à elle dès son couronnement. Les premières idées de laïcité de la précédente république ne sont alors plus d’actualité…
Le régime de Napoléon n’était donc pas « en accord » avec les idées franc-maçonniques de l’époque. De ce fait, un très grand nombre de républicains, eux aussi en « désaccord » avec le chef de l’Etat et son régime, rejoignent la franc maçonnerie pour en quelque sorte préparer l’avènement d’une future Troisième République.
C) La Troisième République
Léon Gambetta

Jules Ferry
Ces deux hommes politiques ont activement participé à la mise en place et au fonctionnement de la Troisième République. Ces derniers étaient tous les deux franc-maçon.